samedi 7 juillet 2018

Le bonheur au travail : rêve ou réalité ?

©William Alcyon – 07.07.2018



 
Peut-on être heureux au travail ?

Voici une question pertinente n’est-ce pas ?

Il va de soi que la réponse pourra varier en fonction de la nature du travail et de la personne qui l’exécute.

D’autre part, être heureux dans sa vie personnelle est déjà loin d’être évident… alors pour ce qui est de sa vie professionnelle, cela paraît tout bonnement irréaliste puisque par définition, au travail : nous sommes constamment soumis à des obligations, des contraintes, des inimitiés (eh oui, nous n’avons pas le pouvoir de choisir nos collègues, ni nos supérieurs hiérarchiques) ; de plus les tâches à effectuer nous sont souvent assignées par ces mêmes supérieurs, sans que nous puissions nous y soustraire, quand bien même elles ne nous plairaient pas !

Enfin, la recherche constante de performance nous oblige à un rythme effréné (tout le contraire du « slow down » si cher à mes yeux, voir mon article Le bonheur : oui, mais doucement…. ), nous réduisant souvent à de simples pions au service de son entreprise, occultant volontairement la dimension humaine de celui ou celle qui travaille.

Je ne veux pas paraître pessimiste, mais selon la définition du dictionnaire : « Le bonheur est un état de satisfaction complète caractérisé par sa stabilité et sa durabilité. Il ne suffit pas de ressentir un bref contentement pour être heureux. Une joie intense n’est pas le bonheur. Un plaisir éphémère non plus. Le bonheur est un état global. L’homme heureux est comblé. Il vit une forme de plénitude ».

C’est une définition du mot bonheur que l’on peut trouver sur Wikipédia. Sauf que, c’est une définition d’ordre philosophique, relative à un état permanent de plénitude, de bien-être. Un bonheur total, entier, inconditionnel et… stable. Selon moi... une pure utopie sauf - peut-être ? - pour une extrême minorité d’êtres sur Terre !

L’approche psychologique nous dit que le bonheur est une notion relative et subjective, n’ayant aucune définition claire et unanime. Chaque individu ne disposant pas des mêmes aptitudes à atteindre le bonheur. De ce fait, il est considéré comme important de chercher le bonheur dans le moment présent (CarpeDiem), dans les petits gestes du quotidien. C’est aussi le fruit d’un travail sur soi.

Ouf ! On peut se détendre, l’approche psychologique replace le BONHEUR à notre portée !

On peut donc être « heureux » dans l’accomplissement de ses désirs et – pour rester sur l’aspect du monde professionnel – de ses objectifs.

Au travail, on peut donc ressentir du bien-être du fait de :

- se sentir utile ;

- trouver de l’intérêt aux tâches quotidiennes ;

- être en bon harmonie dans nos échanges « humains » avec nos collègues ;

- préserver sa santé grâce à une bonne ergonomie et rythme de travail ;

Si vous avez tout ça… ne changez surtout pas de poste, ni d’entreprise ! Vous êtes un privilégié !

Peut-être avez-vous déjà entendu parler de ce « job de rêve » lancé en 2009 par l’État australien du Queensland ? Non ? Il s’agissait de recruter un « gardien » d’une île paradisiaque qui n’aurait pratiquement rien à faire si ce n’est jouer les touristes et alimenter un blog en photographies du lieu et quelques articles. Cela pendant quelques semaines avec un très gros salaire à la clé. Si vous tapez « job de rêve » dans un moteur de recherche sur Internet, vous tomberez immanquablement sur celui-là, sauf que… C’est l’arbre qui cache la forêt ! D’abord parce qu’il ne s’agit pas véritablement d’un véritable travail à cause de sa durée éphémère. D’autre part parce qu’il s’agit, en réalité, d’une campagne de communication savamment orchestrée pour faire parler d’un lieu, avec les éventuelles retombées touristiques recherchées !

Bref, la majorité des jobs ne sont pas des « jobs de rêves », et une grande partie de la population active souffre au travail.




La souffrance au travail est-elle une fatalité ?

Savez-vous que la première des préoccupations des salariés n’est pas la rémunération ? Eh oui, l’intérêt numéro 1 aujourd’hui est : le bien-être !

Aujourd’hui, on recherche principalement de bonnes conditions de travail, un haut degré d’autonomie, une possibilité (dans certains secteurs) d’accéder au télétravail à domicile, ne serait-ce que partiellement ; et enfin surtout un bon équilibre entre vie privée et vie professionnelle.




Le bonheur au travail : une quête légitime ?


Aujourd’hui, les préoccupations des salariés ont changé ! On ne souhaite plus gagner son pain à la sueur de son front, allez hop : à la poubelle ce concept ancestral ! Nos parents, nos grand-parents attendaient patiemment la retraite pour pouvoir enfin se reposer et profiter un peu de la vie. Les nouvelles générations veulent tout et tout de suite. Pour autant, ont-ils raison ? Le concept du bonheur au travail n’est-il pas excessif ?

J’ai l’immense plaisir de vous annoncer que… non !

Le bonheur au travail non seulement un souhait envisageable, mais surtout une réalité possible.





Le bonheur au travail : un profit pour le salarié et pour l’entreprise !

Les résultats de plusieurs études scientifiques menées depuis une vingtaine d’années déterminent que la recherche de l’épanouissement personnel est un facteur de développement et de croissance. De plus, des travailleurs heureux donnent des salariés plus performants et en meilleure santé psychique et physique, réduisant du même coup le taux d’absentéisme.




C’est super tout ça, n’est-ce pas ? Encore faut-il savoir quoi en faire !

OK, nous savons maintenant que la quête du bien-être au travail est légitime, qu’elle est profitable au salarié comme à l’entreprise, que c’est une préoccupation première, avant la rémunération.

Reste à savoir maintenant comment y parvenir, quelles erreurs doivent-elles être évitées, quelles solutions peut-on mettre en pratique quand on se sent mal au boulot ?




Point trop n’en faut : où comment éviter le BURNOUT

Il faut savoir organiser ses journées de travail. Nous devons hiérarchiser nos priorités. Ensuite, point par point, on avance une marche à la fois.

La surcharge de travail est, selon moi, la raison n°1 du sentiment de mal-être au travail. Bien entendu, des supérieurs hiérarchiques qui abuseraient de leur pouvoir pour surcharger un employé, cela existe (un salarié d’une enseigne de supermarché Discount s’est pendu dans son entrepôt cette année. Il y a eu un procès et les investigations ont montré que l’homme effectuait le travail de 3 employés dans les autres entrepôts de la marque). Nous avons affaire ici à des cas exceptionnels.

Ce qui n’empêche pas que, malgré tout, dans le cadre d’une journée de travail sans abus hiérarchique, certains employés sont écrasés par la charge de travail. Comment est-ce possible ? Simplement quand notre cerveau crie « STOP ! », quand trop, c’est trop ! Qu’une surcharge de travail crée un surcroit de stress qui devient écrasant pour le salarié.

Que faire pour régler le problème ?

Vous avez mille choses à faire au boulot et pas assez d’une journée de 8h pour tout réaliser, votre boss en rajoute une couche en vous demandant – encore – une mission supplémentaire ! Là, c’est TROP ! Vous n’en pouvez plus, mais n’en dites rien, il serait contre-productif d’indiquer à vos supérieurs que vous ne parvenez pas à mener à bien votre mission… Cela vous parle ? Vous vous reconnaissez dans ce descriptif ? Alors, que faire pour s’en sortir ?

Il faut PRIORISER !

Connaissez-vous la matrice d’Eisenhower ? L’ancien président américain (34ème) a inventé une méthode de management en s’inspirant de la stratégie militaire. Le résultat est de lister les tâches et de les hiérarchiser en fonction de leur degré d’urgence et d’importance :

1) Important + Urgent

2) Pas important + Urgent

3) Important + Pas urgent

4) Pas important + Pas urgent

Ici, la priorité, vous l’aurez compris, consiste à s’occuper immédiatement du point n°1 (Important + Urgent).

Pour les autres points, il convient de savoir aussi déléguer. Il n’y a aucun mal à demander de l’aide. D’ailleurs, si vous êtes honnête, vous pouvez constater par vous-même que bon nombre de vos supérieurs hiérarchiques n’agissent pas autrement : Ils délèguent un maximum ! C’est même souvent la caractéristique des postes haut placés, on donne les ordres pour que les choses soient faites et on supervise.

Selon moi, le fait est qu’il est préférable que vous vous occupiez personnellement des points 1 et 2. Les points 3 et 4 peuvent être confiés à vos adjoints, collègues, etc. Si le résultat de leur travail ne vous convient pas, il sera toujours temps de rectifier par la suite puisque ce sont des tâches non urgentes.

Ensuite, à chaque tâche accomplie : vous la rayez de votre liste « to do » ! Cela a aussi l’avantage de réduire votre stress.

Ne pas se surestimer et rester dans des proportions réalistes et réalisables dans les temps impartis. Diane Ballonad-Rolland, formatrice en management et auteure de Magical Timing (Rustica éditions), nous incite à réfléchir : « Et si, plutôt que de chercher comment faire pour accomplir toujours plus dans un temps forcément limité, nous choisissions délibérément de restreindre nos envies et de revenir à des ambitions plus réalistes ? ».

Eh oui, pour être heureux au travail, il convient aussi d’apprendre parfois à dire : NON !

Petit bilan pour plus de bien-être au travail :

Savoir gérer son temps et organiser son agenda, mais aussi hiérarchiser ses tâches (utiliser la matrice d’Eisenhower), déléguer ou reporter certaines d’entre elles, faire des pauses, etc. Telles sont les pistes que vous devez explorer, mais il y en a d’autres, à vous de les trouver…




Et l’ambiance ?


Et oui, voilà un point d’une très grande importance. Tout comme les relations personnelles (celles qui composent votre vie privée), les relations avec vos collègues, vos supérieurs, vos adjoints ou encore vos clients vont forcément impacter sur votre bien-être ! Même si vous décrochez un « job de rêve », si vous vous accrochez constamment avec les personnes qui vous entourent dans votre entreprise, vous ne pourrez pas atteindre le BONHEUR AU TRAVAIL.

Que faire pour régler le problème ?

Comme en boxe, le truc est de trouver la bonne distance !

Le tout étant à moduler en fonction de vos interlocuteurs (supérieurs ou subalternes).

Savoir être à l’écoute et respecter les autres, qu’ils se situent en dessous comme au-dessus de vous dans l’ordre hiérarchique de votre entreprise.

Avec ses collaborateurs, on peut comprendre les difficultés, mais on reste « droit dans ses bottes » en rappelant les objectifs à atteindre.

Avec ses supérieurs, on peut évoquer les problèmes et les difficultés, oui bien sûr ! Mais il faut aussi être aussi capable d’apporter des solutions « clé en main » à nos propres difficultés, plutôt que d’attendre que les dirigeants résolvent eux-mêmes tous NOS problèmes. L’avantage étant par ailleurs que, par là-même, ces mêmes dirigeants sont plus à l’écoute de nos difficultés professionnelles.


La quête de SENS ?


Pour finir cet article (déjà bien long), il existe un point primordial qui est universel pour toute mise en mouvement : le SENS !

Pourquoi dois-je faire ceci ou cela ?

Dans mon métier d’éducateur, je vois très (trop) souvent des élèves non investis dans une matière parce que n’y trouvant pas le moindre sens ! « Pourquoi travailler les mathématiques alors que je veux être écrivain ? ». Parce que – en plus de nourrir sa culture générale – le lycéen a besoin d’avoir son BAC pour pouvoir aller faire des études de lettres, par exemple. Et pour avoir son BAC, il convient de travailler AUSSI les mathématiques.

Dans le monde du travail, les employés les plus « inertes » sont souvent ceux qui ne voient pas clairement leur contribution à la réussite de leur entreprise. Ici aussi, sans savoir à quoi ma contribution est utile dans mon entreprise, difficile d’être pleinement motivé et heureux !

Bref, pour trouver du sens à un job pas très folichon, il faut se concentrer sur les tâches les plus enthousiasmantes. À défaut, concentrez-vous sur les rapports humains les plus chaleureux avec vos collègues ou vos clients.

Ma grand-mère me répétait toujours : « Il n’y a pas de sots métiers, il n’y a que de sottes gens ».

Ce qui veut dire que tous les métiers sont honorables et que ce sont les personnes qui ne sont pas en adéquation avec le job qu’ils occupent. Il convient alors, soit d’en changer (ce qui peut être une solution tout à fait appropriée et nécessaire), soit de changer son état d’esprit sur son métier et les tâches que l’on exécute.




Le bonheur au travail : rêve ET réalité !

En conclusion de cet article, je sabre le champagne !

Pourquoi ? Parce que le bonheur – ou plus exactement le bien-être - au travail profite à tous. 
Nous l’avons évoqué : le bonheur a des bienfaits économiques prouvés par des études scientifiques. 
Le bonheur au travail est aussi une question de santé publique, et si de nombreuses entreprises s’activent en ce sens, c’est déjà un petit pas en avant . 
Et s’il est vrai qu’il reste encore beaucoup, beaucoup de chemin à faire, c’est aussi notre rôle, à nous, de faire bouger les choses dans cette direction. Après tout, il s’agit de votre BONHEUR, cela en vaut bien la peine, vous ne croyez pas ?

dimanche 1 juillet 2018

Fernando Pessoa : Mon nom est… personne !

© William Alcyon – 01.07.2018

 














Fernando Antonio Nogueira Pessoa était un écrivain et poète portugais (1888-1935).

Pessoa, traduit du portugais, signifie : « personne », nom prédestiné pour un écrivain ayant vécu pratiquement anonymement, s’étant « caché » derrière une multitude de pseudonymes, comme autant d’auteurs différents.

Fernando Pessoa n’a que 5 ans à la mort de son père. Sa mère épouse en deuxième noce le Consul du Portugal à Durban, et part pour l’Afrique du Sud avec son fils qui apprendra l’anglais (langue dans laquelle il écrira certains poèmes).

En 1905, âgé de 17 ans, Pessoa rentre au Portugal, à Lisbonne, SA ville, qu’il ne quittera pratiquement plus jusqu’à sa mort.

En 1907, il ouvre un atelier de typographie qui se soldera par un échec.

En 1908, il est engagé comme traducteur pour diverses entreprises commerciales. Ce travail constituera sa principale source de revenu, ne parvenant pas, malgré son talent, à vivre de sa plume.

*

Fait rare dans l’histoire de la littérature, celui qui est aujourd’hui le plus connu, voire le plus grand, écrivain portugais du 20ème siècle, a écrit sous une multitude de noms de plume différents (Plus de 70).

Quatre resteront véritablement célèbres : Alberto CAEIRO ; Ricardo REIS ; Alvaro de CAMPOS et Bernardo SOARES.

Ces hétéronymes (car ils possèdent chacun une vie propre imaginaire et surtout un style littéraire unique qui les définit) permettront à Pessoa d’écrire dans différents styles plusieurs voies littéraires aussi singulières que variées, allant de la poésie, la prose, la critique, le guide de voyage, etc.

Cela détermine le côté exceptionnel de Fernando Pessoa qui aura poussé jusqu’à l’extrême sa vision de la « production » littéraire en créant les auteurs de ses écrits (allant jusqu’à leur inventer une biographie détaillée) et pas seulement ses personnages comme la plupart de ses confrères. Une fragmentation qui permettra à Pessoa de « vivre » des incarnations d’auteurs aussi hétéroclites qu’originales.

Ainsi, Fernando Pessoa possède cette singularité qui consiste à CRÉER un auteur, un double ayant la capacité nécessaire – parce que doté d’une sensibilité autre - à la création artistique chaque fois unique et différente.

Toute sa vie, l’auteur discret ne cessera d’écrire, le soir, après le bureau, et jusque tard dans la nuit. Pourtant, il ne sera publié – de son vivant – que dans quelques rares revues littéraires, à l’exception de son recueil de poèmes « Messagem », qui sera publié seulement un an avant sa mort.

Ce n’est qu’après sa mort, que l’on découvrira 27543 textes enfouis dans une malle. Tous ses manuscrits seront « récupérés » par la Bibliothèque nationale de Lisbonne.

De tous ses écrits, le « Livre de l’intranquillité », publié en 1982, rédigé sous l’hétéronyme de Bernardo Soares, est pour moi le plus étonnant. Sous ce nom, il écrit en prose somptueuse ses pensées les plus profondes, parfois teintées d’un certain désespoir mais aussi d’une grande lucidité. Soares est l’alter-égo dépressif, vivant à Lisbonne (reflétant les véritables tendances dépressives de Pessoa) à travers une approche existentialiste.

Ainsi, cet énigmatique poète portugais, qui cachait son talent derrière la silhouette d’un modeste employé de bureau à lunettes rondes, nœud papillon, chapeau et costume sombre, aura laissé une œuvre et une façon d’appréhender la littérature, dont on débat encore aujourd’hui.




« Je dépose mon âme à l’extérieur de moi », avait dit le poète, qui s’était imposé comme devise de « tout sentir, de toutes les manières ». 

J’en viens (je ne suis certainement pas le seul) à me demander si ce besoin irrésistible de multiplier ses hétéronymes, auteurs autonomes, ne serait que la réponse de Pessoa à cette course effrénée vers un état limite d’autosuffisance, condition indispensable au bonheur, un bonheur qui ne pourrait être qu’ailleurs.

*


Quelques citations marquantes de Fernando Pessoa :

« Nous n’aimons jamais vraiment quelqu’un. Nous aimons uniquement l’idée que nous nous faisons de ce quelqu’un. Ce que nous aimons, c’est un concept forgé par nous – et en fin de compte, c’est nous-mêmes. »

« La solitude me désespère ; la compagnie des autres me pèse. »

« La vie se ramène pour nous à ce que nous pouvons en concevoir. Aux yeux du paysan, pour lequel son champ est tout au monde, ce champ est un empire. Aux yeux de César, pour qui son empire est encore peu de chose, cet empire n’est qu’un champ. Le pauvre possède un empire ; le puissant possède un champ. En fait, nous ne possédons jamais que nos impressions ; c’est donc sur elles, et non sur ce qu’elles perçoivent, que nous devons fonder la réalité de notre existence. »

« L’art consiste à faire éprouver aux autres ce que nous éprouvons. […] L’art consiste à communiquer aux autres notre identité profonde avec eux, identité sans laquelle il n’y a ni moyen de communiquer, ni besoin de le faire. »

« La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas. »

« Quel autre serais-je aujourd’hui, si l’on m’avait donné cette tendresse qui vient du fond du ventre, et qui monte jusqu’aux baisers posés sur un petit visage ? »

« Parfois je songe, avec une volupté triste, que si un jour, dans un avenir auquel je n’appartiendrai plus, ces pages que j’écris connaissent les louanges, j’aurai enfin quelqu’un qui me « comprenne », une vraie famille où je puisse naître et être aimé. Mais, bien loin d’y naître, je serai mort depuis longtemps. Je ne serai compris qu’en effigie, quand l’affection ne pourra plus compenser la désaffection que j’ai seule rencontrée de mon vivant. »



Et pour finir, un poème :



Notre vie est un voyage

Dans la nuit et dans le vent

Nous trouvons notre passage

À travers espace et temps

Rien jamais ne nous arrête

Et du soir jusqu’au matin

Chaque nuit est une fête

Et non pas un songe vain





samedi 16 juin 2018

Le marché : l'art du bien vivre.

©William Alcyon – 16.06.2018




Faire son marché…

Pour moi, c’est un moment de bonheur qui rime avec les vacances.

Oui, je sais, pourquoi attendre d’être en vacances pour faire aller au marché ? Excellente question… à laquelle je ne sais pas trop quoi répondre. Je suppose que nous avons toutes et tous nos petites manies.

Avec ma femme, le marché c’est presque uniquement pendant nos congés. J’imagine que c’est parce qu’on a le temps, que le lieu est nouveau, inconnu ! Une sorte de découverte régionale. Et puis, il y a les parfums, les couleurs chatoyantes, les gourmandises imprévues, les rencontres authentiques, etc.

Le marché est donc une incursion dans l’authentique. En matière de consommation, on fait une voyage dans le temps, un retour vers ce qui était le commerce à l’époque de nos grands-parents et arrière-grand-parents. Autant dire que l’on est à des années lumières de la grande distribution : ici, on nous parle des produits, on nous conseille, on a du frais pas encore emballé.

C’est aussi une grande bouffée d’oxygène (pour peu que vous alliez dans un marché en plein air), on marche, on flâne, on regarde, on compare, on discute, on prend son temps.

Tous les sens sont en éveil, on en prend plein les yeux avec des assortiments de couleur du côté des fruits et légumes, nos narines sont charmées par les parfums des viennoiseries, pains frais ; il y a aussi la rôtisserie qui embaume les allées d’effluves qui font saliver. Sans parler de la bouffée d’air iodée dès l’approche de l’étale aux poissons.


Certains se demandent peut-être où est le bien-être dans tout ça ? Non, vous ne voyez toujours pas ? OK, alors résumons un peu :


1) On marche (ou plus exactement, on se promène tranquillement), et ça déjà c’est bon pour la santé ;


2) On mange plus frais et – la plupart du temps – des produits de meilleure qualité (les bénéfices des circuits réduits : moins de transport, pas ou peu de stockage des produits ou alors pendant très peu de temps) ;


3) On sait ce qu’on achète (on est souvent face au producteur lui-même, pas à un intermédiaire) ;


4) On a l’occasion de découvrir des produits locaux ou régionaux (en plus on peut goûter avant d’acheter. Allez faire ça dans la grande distribution !) ;


5) On fait fonctionner le commerce de proximité, les agriculteurs et éleveurs locaux, les petits artisans, etc ;


6) On prend son temps, on ne court pas comme des automates déshumanisés à travers les rayons blafards des hypermarchés, on fonctionne comme des êtres humains quoi ;


7) On se met en phase avec les saisons ! Eh oui, on a tendance à oublier que les fruits, les légumes ont un calendrier bien établi. Au marché, le plus souvent, on achète local. De plus, le calendrier saisonnier est censé être respecté, donc pas de produits importés ;

La liste est non exhaustive.


Pour finir, j’ajoute que l’on trouve sur bon nombre de nos marchés nationaux, des ambiances uniques et réjouissantes. 
Pour preuve, le succès de la rubrique du journal de 13h de Jean-Pierre Pernaut, sur TF1, intitulé : « Le plus beau marché de France », où le succès ne se dément pas. 
Pour l’anecdote, cette année (2018) c’est Sanary-Sur-Mer qui a été élu. Je vous laisse le classement des 25 plus beaux marchés de France, peut-être aurez-vous l’occasion d’y faire un petit tour un de ces prochains jours parce que le marché c’est encore un lieu où il fait bon vivre, en somme un bien bel endroit...


Le palmarès complet


1. Sanary-sur-Mer
2. Royan
3. Saint-Pierre de la Réunion
4. Uzès
5. Arras
6. Châtillon-sur-Chalaronne
7. Issigeac
8. Dieppe
9. Le Puy-en-Velay
10. Vannes
11. Brive-la-Gaillarde
12. Toucy
13. Troyes
14. Nancy
15. Belfort
16. L’Île-Rousse
17. Cahors
18. Colmar
19. Saint-Valery-sur-Somme
20. Saint-Lô
21. Amboise
22. Versailles
23. Cayenne
24. Nantes
25. Orléans






mercredi 6 juin 2018

Le Sport : source de bien-être !







                                                                                                                   
                                                                                                                   ©William Alcyon – 06.06.2018

 
On vous l’a dit et répété : le sport, c’est bon pour la santé !
Il semblerait que cela soit aussi très bon pour votre moral… Ah oui, vraiment ? Voyons un peu de quoi il retourne !
La pratique régulière d’une activité physique est reconnue comme ayant des effets positifs sur la santé, même les personnes « d’un certain âge » devraient chaque jour entretenir leur forme en marchant ne serait-ce qu’une demi-heure. L’activité sportive (la marche en fait aussi partie, et oui !) n’a que des effets positifs sur la santé et sur le bien-être des pratiquants.
Bien entendu, un sédentaire ne va pas, d’un seul coup, se mettre à courir le marathon ou jouer des parties de tennis acharnées.
Il convient d’abord d’avoir l’accord de son médecin en fonction de la pratique sportive à laquelle on souhaite s’initier. D’ailleurs, un certificat médical est nécessaire pour pouvoir pratiquer certains sports. Si vous souhaiter simplement courir, un bilan chez votre médecin traitant est souhaitable.
Ensuite, à vous les vagues de bien-être ! 

Ah oui ? Mais comment cela se produit-il ?
En premier lieu, le sport permet d’évacuer le stress, la tension nerveuse.
Pour ce qui me concerne, une semaine sans faire de sport et je me retrouve comme un lion en cage. L’accumulation des tensions du quotidien (métro, boulot, dodo), soucis familiaux, relationnels, professionnels, fait qu’il est nécessaire de s’offrir une « soupape » salvatrice. Le sport est un moyen à notre disposition pour y parvenir.
Après une séance de sport, je me sens nettement plus détendu, calme, apaisé. C’est une véritable sensation de bien-être pour le corps et l’esprit. Pour moi, c’est le tennis qui m’apporte une certaine forme de sérénité. Pour autant, c’est à chacun de déterminer quel sera le sport qui lui apportera le maximum de bien-être !
Certain(e)s ne jurent que par les sports « doux » : Yoga, Taï-chi. C’est vraiment en fonction de ses aspirations, mais aussi de son âge et de ses capacités qu’il faut s’orienter vers tel ou tel sport.
Ma femme ne jure que par le jogging, alors que moi j’ai plus de mal à courir sans avoir quelque chose de ludique au bout de la course (taper dans la balle au tennis, par exemple).
Quel que soit votre choix, faire du sport régulera votre sommeil, renforcera votre musculature et pourra – parfois – régler certains problèmes (dos, articulations). De plus, c’est aussi un moyen de prévenir les maladies cardiovasculaires, le diabète, etc.
D’autre part, même s’il est vrai que le sport n’est pas un facteur d’amincissement (parce que l’on renforce sa musculature et que le muscle… ça pèse lourd aussi!), cela contribue à sculpter et redessiner sa silhouette, ce qui est aussi une autre source de bien-être quand on se contemple dans le miroir !
À ce stade de l’article, vous vous dîtes que vous abonner dans une salle de sport ou un club (de tennis, de foot, de gym, etc.) serait une bonne idée. Vous avez raison. Sauf que… pour rester dans notre ligne de conduite (voir mon article « le bonheur… oui, mais doucement), vous pouvez commencer tranquillement. Pourquoi ne pas démarrer par… la marche ?
Pour certaines personnes, marcher n’est plus ce que cet acte devrait toujours être : un mouvement naturel et quotidien. Regardez dans la rue (pour ceux qui vivent dans les grandes villes), on voit aujourd’hui une multitude de personnes qui se déplacent en trottinette ou autre engin urbain électrique ! On prend le métro ou le bus pour parcourir 500 mètres.
Bref, pour les plus actifs possédant déjà une certaine condition physique : vous pouvez choisir un sport qui « bouge » et qui vous fera vous dépenser physiquement. Tandis que pour les plus sédentaires, la marche dite « active » (environ 5km/h) est la chose la plus simple et naturelle qui soit ! Entre une demi-heure et une heure par jour ? Vous n’avez pas le temps ? Mais bien sûr que oui : redécouvrez la marche pour aller travailler, faire vos courses avec un caddie, vous promener en forêt (Shinrin Yoku), la liste est non exhaustive et vous verrez s’amoindrir les tensions de la vie quotidienne !
En définitive, le sport va vous redonner le sourire, vous mettra même de bonne humeur tout en réduisant votre stress et vos tensions nerveuses.
D’une point de vue biochimique, l’activité sportive engendre dans votre métabolisme une sécrétion d’endorphine, que l’on appelle communément l’hormone du bonheur !
L’effort sportif n’est rien de moins qu’un antidépresseur naturel. En pratiquant un sport, vous contribuerez automatiquement à augmenter votre bien-être.
Le sport, c’est bon pour le moral !
Alors, qu’attendez-vous pour chausser vos baskets ?



"Le bonheur d'Anna - tome 1 : après la pluie" : 1 an après...

Le bonheur d’Anna (William Alcyon © 14 janvier 2020) Hello tout le monde, Je viens vous donner quelques nouvelles...