dimanche 17 février 2019

L'auteur 2.0


                                                                                             William Alcyon © 01.01.2019


En France, aujourd’hui, pour la plupart des écrivains ayant déjà publié des textes de fiction, « vivre de sa plume » n’est pas une réalité, mais seulement un rêve caressé en secret.
Les ventes records entraînant des droits d’auteur gargantuesques ne sont l’apanage que de quelques privilégiés, auteurs de best-sellers, arbres étincelants comme un sapin de Noël cachant une forêt bien sombre et de plus en plus clairsemée.
Certains écrivains se demandent, envieux, comment cet auteur, ne valant rien sur le plan littéraire, fait pour générer autant de lecteurs.
Oui, comment font-ils ? Quel est le secret pour écouler leurs œuvres à des centaines de milliers d'exemplaires, quand la plupart des romanciers s’estiment heureux quand ils parviennent difficilement à vendre 3000 copies de leur roman ?
Il faut savoir que les 3000 exemplaires cités plus haut ne valent que pour les auteurs établis. Les primo-romanciers, en 2017, arrivent tant bien que mal à écouler… 400 copies, en moyenne.


Pour nous faire une idée plus précise de la situation de la vente de romans en France pour l’année 2018, voici un tableau des 10 auteurs (meilleures ventes) et des chiffres correspondants :
1
Guillaume Musso
1 617 000
1
2
Michel Bussi
975 800
3
3
Joël Dicker 
894 400
NC
4
Aurélie Valognes
834 500
5
5
Marc Lévy
820 800
4
6
Virginie Grimaldi
674 500
NC
7
Pierre Lemaitre 
673 200
NC
8
Raphaëlle Giordano
602 200
3
9
Françoise Bourdin
592 800
NC
10
Franck Thilliez
546 100
10


Que peut-on constater ? Qu’effectivement, les chiffres de leurs ventes annuelles font rêver les auteurs « débutants », ceux qui débarquent sur la planète littéraire avec un tout premier roman !
Le « retour sur Terre » est douloureux !
L’auteur d’un premier roman dont la maison d’édition fait correctement son travail (j’occulte volontairement ici les « fausses » maisons d’édition « à compte d’auteur » qui demandent une contribution financière aux auteurs pour la fabrication de leurs livres) peut donc espérer vendre 400 exemplaires (chiffre moyen) de son précieux premier ouvrage. C’est oublier que les plus petites maisons d’édition ne vont pas forcément miser sur un primo-romancier, et qu’elles vont mettre plus d’argent (donc de publicité promotionnelle) sur leurs quelques têtes d’affiche.
Quelles conséquences, me direz-vous ? Un nouveau romancier ayant signé dans une petite maison d’édition atteindra péniblement les 100 exemplaires vendus ! Quand on sait la quantité de travail et de temps inhérents à l’écriture, c’est effectivement très peu gratifiant. En effet, sur un roman vendu 20 euros en librairie, l’auteur ne touchera que 6 % à 12 % du prix hors-taxe, soit entre 1 euro et 1,50 euro par unité vendue. Je vous laisse faire vous-même le calcul et vous aurez compris que la bonne étoile citée plus haut ne brille pas pour tout le monde.
La vérité est qu’il n’y a pas de recette pour atteindre le succès. Si tel était le cas, il n’y aurait qu’à mettre tous les ingrédients et... BINGO !
La solution miracle n’existe pas.
Même en partant du principe que le texte de notre écrivain débutant est de qualité, c’est toujours insuffisant.
Alors ?
Pour devenir un écrivain, il faut juste… écrire, écrire et écrire encore. Et puis, il faut beaucoup lire aussi. L'aspirant écrivain doit absolument s'y soumettre, aucun raccourci.
Ensuite, croire en son étoile guide ne suffira pas. L’envoi de son manuscrit n’engendre, dans la majorité des cas, que des lettres de refus de la part des maisons d’édition. Même certains best-sellers ont subi cela. Savez-vous que le premier Harry Potter de J.K. Rowling a été refusé douze fois ! Même chose pour Seul sur mars d’ Andy Weir, après avoir essuyé des refus de plusieurs éditeurs, ce programmeur, fils d’un physicien des particules et passionné de l’espace, a décidé de publier son roman sous forme de feuilletons sur le web. Le succès est au rendez-vous, attirant un noyau de fans qui le supplient de l’autoéditer sur Amazon. Il a suffi d’un peu de temps avant qu’il ne reçoive la proposition d’un éditeur puis, plus tard, celle de Hollywood pour l’adapter en film et fasse d’une pierre deux coups : best-seller littéraire et succès au box-office !
Conclusion : Tout n’est pas perdu. Il y a encore une chance…


La nouvelle donne :
Alors que l’année 2019 est sur le point de commencer, les choses sont en train de changer dans le paysage littéraire français.
Observons les faits : un auteur inconnu et père (ou mère dans le cas d’une auteure) d’un premier roman n’a que très peu de chance de retenir l’attention d’une grande maison d’édition. Les chiffres parlent de 1 sur 4000 manuscrits envoyés. Qui plus est, le 1 en question est bien souvent « pistonné » par quelqu’un ayant ses « entrées » au sein du comité de lecture de ladite maison d’édition. Bien entendu, si le manuscrit est mauvais, il ne passera pas le filtre de ce comité de lecture, mais il aura au moins l’occasion favorable d’être lu.
Ajoutons à cela le fait que la plupart des maisons d’édition exigent l’envoi des manuscrits au format papier, ce qui entraîne des coûts importants pour les auteurs (photocopies, frais postaux, etc.).
Alors ? Faut-il pour autant renoncer et ne plus croire en sa bonne étoile ?
Bien sûr que non. Voyons cela...


L’auteur 2.0 :
Pour le romancier ancré dans le passé. Il n’y a qu’à croiser les doigts et procéder de la façon ancestrale énoncée plus avant.
Pour une nouvelle génération d’auteurs, il existe une alternative. En effet, il y a aujourd’hui la possibilité de tenter l’autoédition sur les plateformes numériques. Les plus célèbres étant la plateforme KDP d’AMAZON et KOBO de la FNAC.
Qu’est-ce donc que cela, me direz-vous ?
Jusqu’à tout récemment, les auteurs indépendants devaient trouver un imprimeur et faire fabriquer leurs livres qu’ils allaient vendre, souvent péniblement, dans de petites librairies locales, centres culturels ou bien galeries marchandes. Aujourd’hui, tout a changé. Les plateformes numériques s’occupent de tout et aident les auteurs indépendants. Il s’agit véritablement d’une nouvelle voie qui fait dorénavant trembler les éditeurs traditionnels et les oblige à se pencher très sérieusement sur cette édition parallèle qui ne cesse de croître.
La principale différence réside dans le fait que... c’est le public qui décide et non un comité de lecture sclérosé, enfermé dans des considérations souvent bien éloignées de la simple littérature puisque les grandes maisons « mettent le paquet » sur les hauts rendements (les auteurs à best-sellers) et il ne reste que des miettes pour la grande majorité de leurs autres protégés, ceux de moindre envergure.
La considération marketing est un élément capital dans l’édition littéraire aujourd’hui, il serait malvenu de l’ignorer. Néanmoins, il y a de moins en moins de place pour l’émergence lente d’un succès par le bouche-à-oreille, même si c’est encore possible.
Un auteur 2.0 (celui qui se fait diffuser par AMAZON par exemple) peut encore émerger grâce à un succès conséquent (parfois même après avoir tenté l’édition traditionnelle et avoir été refusé de nombreuses fois). Quand cela se produit, c’est un retournement de situation. En effet, ce sont les éditeurs qui, observant le succès numérique d’un auteur, vont venir le démarcher pour l’éditer. Souvent, l’auteur va accepter de signer un contrat, mais son pouvoir de négociation n’a alors aucune commune mesure puisqu’il est en position de force. L’idée est de vendre ses droits pour son roman dans sa version papier, mais de garder ses droits numériques. S’il les cède tout de même, il doit les négocier avec un très fort pourcentage.
De plus, l’auteur 2.0 dispose de temps. Les serveurs numériques des grosses plateformes de diffusion ont de la place, les œuvres restent disponibles à la vente de façon permanente et continue. Un romancier traditionnel dispose de 4 à 5 semaines avant de voir son livre disparaître des rayons et être envoyé au pilon ! Rien à voir avec celui qui propose son livre sur les plateformes numériques.


La révolution numérique effraie (il n’y a qu’à voir comment AMAZON est régulièrement critiqué par les maisons d’édition classiques, les libraires, etc.). N’empêche qu’elle est la seule alternative qui propose cette exposition médiatique aux auteurs écrasés par l’ancien système. Les éditeurs, au lieu de critiquer, n’ont qu’à s’adapter et proposer quelque chose d’au moins équivalent, car aujourd’hui il n’y a rien d’autre.
Fort de ce qui a été dit, et à défaut de considération et de médiatisation par l’intermédiaire des canaux classiques (éditeurs, librairies, télévision, radio, etc.), l’auteur 2.0 a encore la possibilité de croire… en sa bonne étoile !

jeudi 14 février 2019

Mon roman GRATUIT du 14 au 16 février 2019



Pour fêter la Saint Valentin, j'ai décidé d'OFFRIR GRATUITEMENT mon roman : 

"Le bonheur d'Anna" 

dans sa version numérique.

Cette offre n'est valable que pour une durée limitée de 2 jours :
Du 14 au 16 février 2019 (à 9h00).




Bonne Saint Valentin ❤️🎁 !

samedi 21 juillet 2018

Le bonheur en 3 mots : CHAMPIONS DU MONDE !

©William Alcyon – 21.07.18



 
L’équipe de France de football est championne du monde 2018 : victoire 4/2 contre la Croatie en finale du Mondial organisé par la Russie !
Dès le lendemain, dans le journal L’équipe du lundi 16 juillet 2018, célébrant la victoire de nos Bleus 2018, Jérôme Caddie, dans son Édito dit :
« Rien ne vaut une victoire en Coupe du monde pour rendre ivre de bonheur le peuple français, »
Comme en 1998, l’année du premier titre mondial inoubliable de la bande à Zidane, coachée par Aymé Jacquet, la France est folle ! Folle de joie ! Elle s’offre une nuit bleue, blanc, rouge ! S’enivrant de bonheur, de chants, d’accolades, d’embrassades (je ne m’attarderai pas sur les débordements d’une minorité de casseurs qui profite de toutes les manifestations – quelles qu’elles soient – pour aller piller, casser et ternir les vrais motifs des rassemblements populaires. Une minorité qui, du reste, ne mérite pas d’être mise sous le feu de la rampe car n’ayant rien à voir avec le regroupement populaire des supporters sur les Champs-Élysées mais aussi partout à travers la France).
Les Français, ivres de joie, sont donc descendus dans les rues pour célébrer la victoire des Bleus. Un regroupement des gens pour célébrer un événement heureux, pas comme la dernière fois le rassemblement des Français était un hommage aux victimes des attentats.
Dans les minutes qui ont suivi la victoire, les Parisiens ont donc envahi les Champs-Élysées, vingt ans après le sacre de la première étoile. Les provinciaux prennent possessions des grandes places des différentes villes au quatre coins de l’hexagone. Les plus jeunes vivant le bonheur d’un titre mondial pour la première fois, les plus anciens revivant à nouveau, la folle ambiance de 1998.
Les bleus réussissant un exploit sportif, mais par surcroit celui d’écarter – pour un temps du moins – le blues d’une France meurtrie depuis plusieurs années par les attentats terroristes.
Comment et pourquoi une victoire en coupe du Monde nous apporte tant de bonheur ?
Un rassemblement, une communion positive ! Les Français réunis et heureux ! Voilà déjà une victoire qui dépasse le simple cadre du sport.

Il s’agit ici de ce que l’on appelle un nationalisme festif. Bien loin du repli sur soi propre à l'extrême droite, ce nationalisme-là englobe toutes les opinions politiques, mais aussi tous les genres, tous les âges, toutes les communautés, toutes les religions, toutes les classes sociales… C’est en cela que ce sport – le football – est vraiment à part !

Cependant, on ne peut observer un tel bonheur national que lors des plus grandes compétitions internationales : le Mondial et aussi l’Euro.

Là, c’est l’équipe de France qui joue. Il en est tout autre pour ce qui concerne les clubs (qui représentent une ville). Bien entendu, un club engagé dans une compétition internationale (Ligue des Champions, ou l'Europa Ligue) aura tout de même une aura qui s’étendra sur tout le pays, mais nous n’aurons jamais une telle liesse dans les rues pour la victoire d’un club dans une compétition internationale.



Alors… Pourquoi un tel engouement ?

J’avoue m’être sérieusement posé la question en voyant tous ces gens dans les rues criant leur joie.

J’ai bien sûr vu, à la télévision, les rassemblements impressionnants sur les Champs-Elysées lors du retour des héros. Mais, habitant dans le Val d’Oise (Enghien les Bains), nous sommes sortis avec mon épouse le soir de la victoire et… c’était de la folie dans les rues !

Des drapeaux Bleu/Blanc/Rouge comme nous n’en avions jamais vus ! Des gens qui se congratulaient alors qu’ils ne se connaissaient pas ! Des coups de klaxon à faire éclater nos tympans ! Et puis des cris, des chants, des : « On a gagné ! » ou bien « On est les champions ! » de toutes parts.



Que se passe-t-il dans nos têtes qui explosent, dans nos cœurs qui éclatent, dans nos corps qui se mettent à sauter, danser ?


C’est peut-être parce que l’équipe de France constitue une élite qui… ressemble au peuple? 
C’est peut-être le miroir d’une population à l’intégration réussie? C’est le dépassement des clivages religieux, raciaux, sociaux vers une fraternité palpable et observable entre tous les membres qui composent l’équipe, coach et staff compris. 
Le documentaire « Les Bleus 2018 » diffusée par TF1,le mardi 17 juillet, en était le témoin.

Didier Deschamps l’a dit : le football français – entendez la sélection nationale ou l’équipe de France – est au-dessus de tout ! 
C’est une vérité observable en France, à la différence d’autres pays plus titrés que nous, au niveau des clubs, dans le reste de l’Europe. Quand bien même le PSG finirait par gagner une Ligue des Champions, je suis prêt à parier ma chemise qu’il n’y aurait jamais autant de monde à descendre dans les rues.

La coupe du Monde, l’équipe de France… voilà des éléments qui dépassent le seul football. En France, la sélection nationale est le point d’orgue le plus important de notre football, voire de notre sport en général, mais surtout il rassemble !

Oui, le foot rassemble parce que dans les lots des fêtards, il n’y a pas que des fans de ce sport. Non. Il y a aussi des personnes qui d’ordinaire ne s’intéressent pas au foot mais qui ont envie de participer à ce bonheur collectif ! 
J’avais déjà vécu cela en 1998, c’est à nouveau arrivé en 2018 ! Une ferveur comme on en voit peu dans notre pays, une façon de transcender les emm….. euh… les ennuis, peut-être même une forme d’ expiation ? 
On échange nos pleurs, notre chagrin, ressentis lors des attentats qui ont marqué la France ces dernières années par des larmes de joies, du bonheur collectif où l’on peut partager cela tous ensemble !
Enfin, notre 21ème siècle étant celui des réseaux sociaux, il ne faut pas oublier le rôle primordial que ces derniers peuvent jouer en matière de rassemblement, de sentiment d’appartenance, d’unité.

C’est vrai dans le malheur (les réactions post-attentats sur les réseaux sociaux ont été à chaque fois virales), comme dans le bonheur où l’on s’associe à la joie des joueurs que l’on a pu suivre presque au quotidien sur les différents réseaux que sont Facebook, Instagram, Tweeter, etc.

En 1998, lors de la conquête de la 1ère étoile, c’est le reportage « Les yeux dans les Bleus » qui avait permis cette identification.

En 2018, même s’il y a eu également un reportage du même type après la victoire, c’est dès le début de la campagne des Bleus que les Internautes pouvaient suivre l’équipe de France, son quotidien, ses espoirs, ses doutes, etc. C’est un puissant renforcement d’appartenance à un groupe, une équipe, une nation !

Conclusion :
Une victoire en coupe du monde, pour la France, en 2018, est en définitive la réponse arrivée à point nommé, une réplique tellement bienvenue… mais aussi un triomphe de la vie sur la mort !

Cette liesse nationale, pouvant paraître pour certains presque « démesurée », n’est en définitive qu’une saine réaction naturelle puisque répondant à un besoin aussi fondamental que nécessaire à tout être humain : la quête du BONHEUR !

samedi 7 juillet 2018

Le bonheur au travail : rêve ou réalité ?

©William Alcyon – 07.07.2018



 
Peut-on être heureux au travail ?

Voici une question pertinente n’est-ce pas ?

Il va de soi que la réponse pourra varier en fonction de la nature du travail et de la personne qui l’exécute.

D’autre part, être heureux dans sa vie personnelle est déjà loin d’être évident… alors pour ce qui est de sa vie professionnelle, cela paraît tout bonnement irréaliste puisque par définition, au travail : nous sommes constamment soumis à des obligations, des contraintes, des inimitiés (eh oui, nous n’avons pas le pouvoir de choisir nos collègues, ni nos supérieurs hiérarchiques) ; de plus les tâches à effectuer nous sont souvent assignées par ces mêmes supérieurs, sans que nous puissions nous y soustraire, quand bien même elles ne nous plairaient pas !

Enfin, la recherche constante de performance nous oblige à un rythme effréné (tout le contraire du « slow down » si cher à mes yeux, voir mon article Le bonheur : oui, mais doucement…. ), nous réduisant souvent à de simples pions au service de son entreprise, occultant volontairement la dimension humaine de celui ou celle qui travaille.

Je ne veux pas paraître pessimiste, mais selon la définition du dictionnaire : « Le bonheur est un état de satisfaction complète caractérisé par sa stabilité et sa durabilité. Il ne suffit pas de ressentir un bref contentement pour être heureux. Une joie intense n’est pas le bonheur. Un plaisir éphémère non plus. Le bonheur est un état global. L’homme heureux est comblé. Il vit une forme de plénitude ».

C’est une définition du mot bonheur que l’on peut trouver sur Wikipédia. Sauf que, c’est une définition d’ordre philosophique, relative à un état permanent de plénitude, de bien-être. Un bonheur total, entier, inconditionnel et… stable. Selon moi... une pure utopie sauf - peut-être ? - pour une extrême minorité d’êtres sur Terre !

L’approche psychologique nous dit que le bonheur est une notion relative et subjective, n’ayant aucune définition claire et unanime. Chaque individu ne disposant pas des mêmes aptitudes à atteindre le bonheur. De ce fait, il est considéré comme important de chercher le bonheur dans le moment présent (CarpeDiem), dans les petits gestes du quotidien. C’est aussi le fruit d’un travail sur soi.

Ouf ! On peut se détendre, l’approche psychologique replace le BONHEUR à notre portée !

On peut donc être « heureux » dans l’accomplissement de ses désirs et – pour rester sur l’aspect du monde professionnel – de ses objectifs.

Au travail, on peut donc ressentir du bien-être du fait de :

- se sentir utile ;

- trouver de l’intérêt aux tâches quotidiennes ;

- être en bon harmonie dans nos échanges « humains » avec nos collègues ;

- préserver sa santé grâce à une bonne ergonomie et rythme de travail ;

Si vous avez tout ça… ne changez surtout pas de poste, ni d’entreprise ! Vous êtes un privilégié !

Peut-être avez-vous déjà entendu parler de ce « job de rêve » lancé en 2009 par l’État australien du Queensland ? Non ? Il s’agissait de recruter un « gardien » d’une île paradisiaque qui n’aurait pratiquement rien à faire si ce n’est jouer les touristes et alimenter un blog en photographies du lieu et quelques articles. Cela pendant quelques semaines avec un très gros salaire à la clé. Si vous tapez « job de rêve » dans un moteur de recherche sur Internet, vous tomberez immanquablement sur celui-là, sauf que… C’est l’arbre qui cache la forêt ! D’abord parce qu’il ne s’agit pas véritablement d’un véritable travail à cause de sa durée éphémère. D’autre part parce qu’il s’agit, en réalité, d’une campagne de communication savamment orchestrée pour faire parler d’un lieu, avec les éventuelles retombées touristiques recherchées !

Bref, la majorité des jobs ne sont pas des « jobs de rêves », et une grande partie de la population active souffre au travail.




La souffrance au travail est-elle une fatalité ?

Savez-vous que la première des préoccupations des salariés n’est pas la rémunération ? Eh oui, l’intérêt numéro 1 aujourd’hui est : le bien-être !

Aujourd’hui, on recherche principalement de bonnes conditions de travail, un haut degré d’autonomie, une possibilité (dans certains secteurs) d’accéder au télétravail à domicile, ne serait-ce que partiellement ; et enfin surtout un bon équilibre entre vie privée et vie professionnelle.




Le bonheur au travail : une quête légitime ?


Aujourd’hui, les préoccupations des salariés ont changé ! On ne souhaite plus gagner son pain à la sueur de son front, allez hop : à la poubelle ce concept ancestral ! Nos parents, nos grand-parents attendaient patiemment la retraite pour pouvoir enfin se reposer et profiter un peu de la vie. Les nouvelles générations veulent tout et tout de suite. Pour autant, ont-ils raison ? Le concept du bonheur au travail n’est-il pas excessif ?

J’ai l’immense plaisir de vous annoncer que… non !

Le bonheur au travail non seulement un souhait envisageable, mais surtout une réalité possible.





Le bonheur au travail : un profit pour le salarié et pour l’entreprise !

Les résultats de plusieurs études scientifiques menées depuis une vingtaine d’années déterminent que la recherche de l’épanouissement personnel est un facteur de développement et de croissance. De plus, des travailleurs heureux donnent des salariés plus performants et en meilleure santé psychique et physique, réduisant du même coup le taux d’absentéisme.




C’est super tout ça, n’est-ce pas ? Encore faut-il savoir quoi en faire !

OK, nous savons maintenant que la quête du bien-être au travail est légitime, qu’elle est profitable au salarié comme à l’entreprise, que c’est une préoccupation première, avant la rémunération.

Reste à savoir maintenant comment y parvenir, quelles erreurs doivent-elles être évitées, quelles solutions peut-on mettre en pratique quand on se sent mal au boulot ?




Point trop n’en faut : où comment éviter le BURNOUT

Il faut savoir organiser ses journées de travail. Nous devons hiérarchiser nos priorités. Ensuite, point par point, on avance une marche à la fois.

La surcharge de travail est, selon moi, la raison n°1 du sentiment de mal-être au travail. Bien entendu, des supérieurs hiérarchiques qui abuseraient de leur pouvoir pour surcharger un employé, cela existe (un salarié d’une enseigne de supermarché Discount s’est pendu dans son entrepôt cette année. Il y a eu un procès et les investigations ont montré que l’homme effectuait le travail de 3 employés dans les autres entrepôts de la marque). Nous avons affaire ici à des cas exceptionnels.

Ce qui n’empêche pas que, malgré tout, dans le cadre d’une journée de travail sans abus hiérarchique, certains employés sont écrasés par la charge de travail. Comment est-ce possible ? Simplement quand notre cerveau crie « STOP ! », quand trop, c’est trop ! Qu’une surcharge de travail crée un surcroit de stress qui devient écrasant pour le salarié.

Que faire pour régler le problème ?

Vous avez mille choses à faire au boulot et pas assez d’une journée de 8h pour tout réaliser, votre boss en rajoute une couche en vous demandant – encore – une mission supplémentaire ! Là, c’est TROP ! Vous n’en pouvez plus, mais n’en dites rien, il serait contre-productif d’indiquer à vos supérieurs que vous ne parvenez pas à mener à bien votre mission… Cela vous parle ? Vous vous reconnaissez dans ce descriptif ? Alors, que faire pour s’en sortir ?

Il faut PRIORISER !

Connaissez-vous la matrice d’Eisenhower ? L’ancien président américain (34ème) a inventé une méthode de management en s’inspirant de la stratégie militaire. Le résultat est de lister les tâches et de les hiérarchiser en fonction de leur degré d’urgence et d’importance :

1) Important + Urgent

2) Pas important + Urgent

3) Important + Pas urgent

4) Pas important + Pas urgent

Ici, la priorité, vous l’aurez compris, consiste à s’occuper immédiatement du point n°1 (Important + Urgent).

Pour les autres points, il convient de savoir aussi déléguer. Il n’y a aucun mal à demander de l’aide. D’ailleurs, si vous êtes honnête, vous pouvez constater par vous-même que bon nombre de vos supérieurs hiérarchiques n’agissent pas autrement : Ils délèguent un maximum ! C’est même souvent la caractéristique des postes haut placés, on donne les ordres pour que les choses soient faites et on supervise.

Selon moi, le fait est qu’il est préférable que vous vous occupiez personnellement des points 1 et 2. Les points 3 et 4 peuvent être confiés à vos adjoints, collègues, etc. Si le résultat de leur travail ne vous convient pas, il sera toujours temps de rectifier par la suite puisque ce sont des tâches non urgentes.

Ensuite, à chaque tâche accomplie : vous la rayez de votre liste « to do » ! Cela a aussi l’avantage de réduire votre stress.

Ne pas se surestimer et rester dans des proportions réalistes et réalisables dans les temps impartis. Diane Ballonad-Rolland, formatrice en management et auteure de Magical Timing (Rustica éditions), nous incite à réfléchir : « Et si, plutôt que de chercher comment faire pour accomplir toujours plus dans un temps forcément limité, nous choisissions délibérément de restreindre nos envies et de revenir à des ambitions plus réalistes ? ».

Eh oui, pour être heureux au travail, il convient aussi d’apprendre parfois à dire : NON !

Petit bilan pour plus de bien-être au travail :

Savoir gérer son temps et organiser son agenda, mais aussi hiérarchiser ses tâches (utiliser la matrice d’Eisenhower), déléguer ou reporter certaines d’entre elles, faire des pauses, etc. Telles sont les pistes que vous devez explorer, mais il y en a d’autres, à vous de les trouver…




Et l’ambiance ?


Et oui, voilà un point d’une très grande importance. Tout comme les relations personnelles (celles qui composent votre vie privée), les relations avec vos collègues, vos supérieurs, vos adjoints ou encore vos clients vont forcément impacter sur votre bien-être ! Même si vous décrochez un « job de rêve », si vous vous accrochez constamment avec les personnes qui vous entourent dans votre entreprise, vous ne pourrez pas atteindre le BONHEUR AU TRAVAIL.

Que faire pour régler le problème ?

Comme en boxe, le truc est de trouver la bonne distance !

Le tout étant à moduler en fonction de vos interlocuteurs (supérieurs ou subalternes).

Savoir être à l’écoute et respecter les autres, qu’ils se situent en dessous comme au-dessus de vous dans l’ordre hiérarchique de votre entreprise.

Avec ses collaborateurs, on peut comprendre les difficultés, mais on reste « droit dans ses bottes » en rappelant les objectifs à atteindre.

Avec ses supérieurs, on peut évoquer les problèmes et les difficultés, oui bien sûr ! Mais il faut aussi être aussi capable d’apporter des solutions « clé en main » à nos propres difficultés, plutôt que d’attendre que les dirigeants résolvent eux-mêmes tous NOS problèmes. L’avantage étant par ailleurs que, par là-même, ces mêmes dirigeants sont plus à l’écoute de nos difficultés professionnelles.


La quête de SENS ?


Pour finir cet article (déjà bien long), il existe un point primordial qui est universel pour toute mise en mouvement : le SENS !

Pourquoi dois-je faire ceci ou cela ?

Dans mon métier d’éducateur, je vois très (trop) souvent des élèves non investis dans une matière parce que n’y trouvant pas le moindre sens ! « Pourquoi travailler les mathématiques alors que je veux être écrivain ? ». Parce que – en plus de nourrir sa culture générale – le lycéen a besoin d’avoir son BAC pour pouvoir aller faire des études de lettres, par exemple. Et pour avoir son BAC, il convient de travailler AUSSI les mathématiques.

Dans le monde du travail, les employés les plus « inertes » sont souvent ceux qui ne voient pas clairement leur contribution à la réussite de leur entreprise. Ici aussi, sans savoir à quoi ma contribution est utile dans mon entreprise, difficile d’être pleinement motivé et heureux !

Bref, pour trouver du sens à un job pas très folichon, il faut se concentrer sur les tâches les plus enthousiasmantes. À défaut, concentrez-vous sur les rapports humains les plus chaleureux avec vos collègues ou vos clients.

Ma grand-mère me répétait toujours : « Il n’y a pas de sots métiers, il n’y a que de sottes gens ».

Ce qui veut dire que tous les métiers sont honorables et que ce sont les personnes qui ne sont pas en adéquation avec le job qu’ils occupent. Il convient alors, soit d’en changer (ce qui peut être une solution tout à fait appropriée et nécessaire), soit de changer son état d’esprit sur son métier et les tâches que l’on exécute.




Le bonheur au travail : rêve ET réalité !

En conclusion de cet article, je sabre le champagne !

Pourquoi ? Parce que le bonheur – ou plus exactement le bien-être - au travail profite à tous. 
Nous l’avons évoqué : le bonheur a des bienfaits économiques prouvés par des études scientifiques. 
Le bonheur au travail est aussi une question de santé publique, et si de nombreuses entreprises s’activent en ce sens, c’est déjà un petit pas en avant . 
Et s’il est vrai qu’il reste encore beaucoup, beaucoup de chemin à faire, c’est aussi notre rôle, à nous, de faire bouger les choses dans cette direction. Après tout, il s’agit de votre BONHEUR, cela en vaut bien la peine, vous ne croyez pas ?

dimanche 1 juillet 2018

Fernando Pessoa : Mon nom est… personne !

© William Alcyon – 01.07.2018

 














Fernando Antonio Nogueira Pessoa était un écrivain et poète portugais (1888-1935).
Pessoa, traduit du portugais, signifie : « personne », nom prédestiné pour un écrivain ayant vécu pratiquement anonymement, s’étant « caché » derrière une multitude de pseudonymes, comme autant d’auteurs différents.
Fernando Pessoa n’a que 5 ans à la mort de son père. Sa mère épouse en deuxième noce le Consul du Portugal à Durban, et part pour l’Afrique du Sud avec son fils qui apprendra l’anglais (langue dans laquelle il écrira certains poèmes).
En 1905, âgé de 17 ans, Pessoa rentre au Portugal, à Lisbonne, SA ville, qu’il ne quittera pratiquement plus jusqu’à sa mort.
En 1907, il ouvre un atelier de typographie qui se soldera par un échec.
En 1908, il est engagé comme traducteur pour diverses entreprises commerciales. Ce travail constituera sa principale source de revenu, ne parvenant pas, malgré son talent, à vivre de sa plume.
*
Fait rare dans l’histoire de la littérature, celui qui est aujourd’hui le plus connu, voire le plus grand, écrivain portugais du 20ème siècle, a écrit sous une multitude de noms de plume différents (Plus de 70).
Quatre resteront véritablement célèbres : Alberto CAEIRO ; Ricardo REIS ; Alvaro de CAMPOS et Bernardo SOARES.
Ces hétéronymes (car ils possèdent chacun une vie propre imaginaire et surtout un style littéraire unique qui les définit) permettront à Pessoa d’écrire dans différents styles plusieurs voies littéraires aussi singulières que variées, allant de la poésie, la prose, la critique, le guide de voyage, etc.
Cela détermine le côté exceptionnel de Fernando Pessoa qui aura poussé jusqu’à l’extrême sa vision de la « production » littéraire en créant les auteurs de ses écrits (allant jusqu’à leur inventer une biographie détaillée) et pas seulement ses personnages comme la plupart de ses confrères. Une fragmentation qui permettra à Pessoa de « vivre » des incarnations d’auteurs aussi hétéroclites qu’originales.
Ainsi, Fernando Pessoa possède cette singularité qui consiste à CRÉER un auteur, un double ayant la capacité nécessaire – parce que doté d’une sensibilité autre - à la création artistique chaque fois unique et différente.
Toute sa vie, l’auteur discret ne cessera d’écrire, le soir, après le bureau, et jusque tard dans la nuit. Pourtant, il ne sera publié – de son vivant – que dans quelques rares revues littéraires, à l’exception de son recueil de poèmes « Messagem », qui sera publié seulement un an avant sa mort.
Ce n’est qu’après sa mort, que l’on découvrira 27543 textes enfouis dans une malle. Tous ses manuscrits seront « récupérés » par la Bibliothèque nationale de Lisbonne.
De tous ses écrits, le « Livre de l’intranquillité », publié en 1982, rédigé sous l’hétéronyme de Bernardo Soares, est pour moi le plus étonnant. Sous ce nom, il écrit en prose somptueuse ses pensées les plus profondes, parfois teintées d’un certain désespoir mais aussi d’une grande lucidité. Soares est l’alter-égo dépressif, vivant à Lisbonne (reflétant les véritables tendances dépressives de Pessoa) à travers une approche existentialiste.
Ainsi, cet énigmatique poète portugais, qui cachait son talent derrière la silhouette d’un modeste employé de bureau à lunettes rondes, nœud papillon, chapeau et costume sombre, aura laissé une œuvre et une façon d’appréhender la littérature, dont on débat encore aujourd’hui.


« Je dépose mon âme à l’extérieur de moi », avait dit le poète, qui s’était imposé comme devise de « tout sentir, de toutes les manières ». 
J’en viens (je ne suis certainement pas le seul) à me demander si ce besoin irrésistible de multiplier ses hétéronymes, auteurs autonomes, ne serait que la réponse de Pessoa à cette course effrénée vers un état limite d’autosuffisance, condition indispensable au bonheur, un bonheur qui ne pourrait être qu’ailleurs.

*

Quelques citations marquantes de Fernando Pessoa :
« Nous n’aimons jamais vraiment quelqu’un. Nous aimons uniquement l’idée que nous nous faisons de ce quelqu’un. Ce que nous aimons, c’est un concept forgé par nous – et en fin de compte, c’est nous-mêmes. »
« La solitude me désespère ; la compagnie des autres me pèse. »
« La vie se ramène pour nous à ce que nous pouvons en concevoir. Aux yeux du paysan, pour lequel son champ est tout au monde, ce champ est un empire. Aux yeux de César, pour qui son empire est encore peu de chose, cet empire n’est qu’un champ. Le pauvre possède un empire ; le puissant possède un champ. En fait, nous ne possédons jamais que nos impressions ; c’est donc sur elles, et non sur ce qu’elles perçoivent, que nous devons fonder la réalité de notre existence. »
« L’art consiste à faire éprouver aux autres ce que nous éprouvons. […] L’art consiste à communiquer aux autres notre identité profonde avec eux, identité sans laquelle il n’y a ni moyen de communiquer, ni besoin de le faire. »
« La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas. »
« Quel autre serais-je aujourd’hui, si l’on m’avait donné cette tendresse qui vient du fond du ventre, et qui monte jusqu’aux baisers posés sur un petit visage ? »
« Parfois je songe, avec une volupté triste, que si un jour, dans un avenir auquel je n’appartiendrai plus, ces pages que j’écris connaissent les louanges, j’aurai enfin quelqu’un qui me « comprenne », une vraie famille où je puisse naître et être aimé. Mais, bien loin d’y naître, je serai mort depuis longtemps. Je ne serai compris qu’en effigie, quand l’affection ne pourra plus compenser la désaffection que j’ai seule rencontrée de mon vivant. »

Et pour finir, un poème :

Notre vie est un voyage
Dans la nuit et dans le vent
Nous trouvons notre passage
À travers espace et temps
Rien jamais ne nous arrête
Et du soir jusqu’au matin
Chaque nuit est une fête
Et non pas un songe vain



L'auteur 2.0

                                                                                              William Alcyon © 01 . 01 .201 9 En...