dimanche 29 avril 2018

Mon Blog : « être bien, être mieux, être… bien mieux » : Élargir le champ des possibles !

©William Alcyon  29.04.2018
 


Lorsque j’ai eu l’envie de créer ce blog, j’avais en tête la production d’un blog « littéraire », dont le sujet principal aurait dû être…. l’écriture et la lecture.


Travaillant sur un roman ayant pour sujet principal : la « résilience » et la quête du bonheur… j'ai réalisé qu’un blog ayant comme niche unique la littérature : cela réduirait considérablement la palette des sujets abordés ou, pour paraphraser un de mes auteurs favoris, Bernard Werber, le champ des possibles.


Mes deux premiers articles : « Jean d’Ormesson : un homme de l’être » et « Le romancier : enquête de personnages » étaient donc principalement axés sur l’écriture - même si Jean d’Ormesson était aussi appelé "l’écrivain du bonheur" -  donc OK : je n’étais pas complètement hors sujet. Ouf !


Pourtant, je sentais qu’il fallait voir plus large, ne pas me cantonner à la littérature, même si, pour moi, c’est une de mes principales sources de bien-être !


J’ai donc pris un peu de distance et j’ai fini par me décider : J’allais plutôt créer un FEEL GOOD BLOG... Oui, voilà ce que je devais faire !


Mais attention : pas un FGB (Feel Good Blog) avec des articles pour s’amuser et rire (même si je trouve cela très bien !). Je voulais plutôt produire un blog pour aider les lecteurs (et moi en même temps, car on s’enrichit les uns les autres) à se diriger vers un « mieux-être ». Ce qui, pourquoi pas, pourrait nous diriger vers une certaine approche du bonheur ?


C’est donc fait : le blog est né avec un nouveau titre : « ÊTRE bien, ÊTRE mieux, ÊTRE... bien mieux ! », ainsi qu’une nouvelle approche.


La littérature restera, sans doute, l’axe majeur de mon blog (même si on passe parfois par des routes que l’on n’avait pas imaginées au départ). Alors j’irai aussi – je l’espère – vers un tas d’autres « supports » comme la musique, le cinéma, l’art, le TV, etc.


Je vous souhaite bonne lecture et n’hésitez pas à me donner votre opinion et vos idées sur la poursuite de la tenue de ce blog. Si vous avez des idées d’articles, je suis aussi preneur ! Quel sujet voudriez-vous voir dans ce blog ? Si vous avez des questions pouvant s’insérer dans la ligne éditoriale du blog, n'hésitez pas à me les communiquer.


Dans l’attente de vos retours, je vous souhaite bonne lecture.


William

mercredi 4 avril 2018

Jean d’Ormesson, un homme de l’être.

 

©William Alcyon, 19.12.2017






Après la cérémonie d’adieux à Jean d’Ormesson, certains journalistes et autres blogueurs se sont offusqués !
Pourquoi un tel hommage national ? Dans la ligne de mire : Une cérémonie qualifiée d’inopportune, ponctuée par la dépose - jugée grotesque - d’un crayon, par le président Emmanuel Macron, sur le cercueil de l’écrivain.
Si l’on en croit ces quelques professionnels avisés, Jean d’Ormesson était un écrivain merveilleusement raté.
Il n’aurait été qu’un amoureux passionné de littérature ; alors qu’elle, revêche, ne se serait jamais vraiment offerte à lui, préférant offrir ses faveurs aux vrais écrivains, ceux doués de talent.
L’académicien aurait été un habile faussaire. Dissimulant sa médiocrité derrière un travail acharné, le labeur d’un homme qu’ils qualifient d’ « aimable artisan » qui, évidemment, ne laissera rien de son œuvre derrière lui.
Chacun est libre d’avoir son avis, certes. Cependant, le moment était-il bien choisi pour des articles aussi agressifs ? Ceci sans le moindre respect pour la famille et les proches qui viennent d’enterrer le vieil académicien.
A l’image de ces attaques post-mortem, déjà de son vivant Jean d’Ormesson divisait les spécialistes. Son entrée à la Pléiade avec la publication de quatre de ses romans (volume n° 605 de la Bibliothèque de la Pléiade : « Au revoir et merci, La Gloire de l’empire, Au plaisir de Dieu et Histoire du juif errant) n’aura pas fait taire les critiques.
Pourtant, entrer dans la Pléiade, c’est devenir un «classique». Mais Jean d’Ormesson divise toujours. Les uns jugeant que les romans de celui-ci n’ont en rien marqué l’histoire littéraire; d’autres pensant qu’il représente une tendance du roman bourgeois spiritualiste.
Cela étant dit, on ne peut pas nier la réussite littéraire de Jean d’Ormesson. Plusieurs de ses livres ayant été d’énormes Best-Sellers en tête des ventes pendant de longues semaines. Une réussite et une entrée en Pléiade grâce à son talent de plume ou… pour des raisons plus mondaines et commerciales que strictement littéraires ? Qu’importe en fin de compte puisque cela suffisait au bonheur de celui qui était considéré comme un écrivain de second rang.
Somme toute, la critique négative « auteur de second rang » dont a longtemps été l’objet Jean d’Ormesson soulève une question : Faut-il faire partie du cercle très fermé des écrivains capables de composer sans grand effort des chefs d’œuvre intemporels pour s’octroyer le droit d’écrire, de publier et accessoirement de vendre ? J’aime à penser que non. Dans le cas contraire, les éditeurs auraient tôt fait de mettre la clé sous la porte.
D’ailleurs comment définir un écrivain « qui compte » ? Serait-ce un de ceux que l’on étudie dans les universités, les lycées, les collèges ou encore celui dont les ouvrages seront toujours lus en dépit du temps, plusieurs siècles après la parution de leurs textes ?
Jean d’Ormesson, qui savait manier le verbe et réjouir les médias, auteur de 40 livres ; venait, trois jours avant sa mort, de conclure son ultime ouvrage. Lui qui disait : « Il faut essayer de prendre avec une sorte de gaîté… même les catastrophes » ne passera peut-être pas à la postérité mais… n’aura aucun mal, de là-haut à faire un clin d’œil malicieux à ceux d’en bas qui, tout grands critiques littéraires qu’ils sont, n’ont bien souvent pas même publié un seul livre.
Pour conclure ce billet d’humeur, je cite Mario Vargas Llosa qui, dans Le Figaro littéraire du 16 avril 2015 a dit : « L’œuvre de Jean d’Ormesson pleine de vie ne s’adresse pas aux lecteurs passéistes, mais à ceux que fascine la problématique présente » ainsi que Alaa El Aswany : « Jean d’Ormesson réussit ce qui est le plus difficile et le plus exigeant en littérature : être à la fois simple et profond. »


Quelques citations marquantes de Jean d’Ormesson :
« Rien n’est plus proche de l’absolu qu’un amour en train de naître. »
« Il y a des jours, des mois, des années interminables où il ne se passe presque rien. Il y a des minutes et des secondes qui contiennent tout un monde. »
« Tout le bonheur du monde est dans l’inattendu. »
« La naissance est le lieu de l’inégalité. L’égalité prend sa revanche avec l’approche de la mort. »
« Chacun est prisonnier de sa famille, de son milieu, de son métier, de son temps. »
« Je doute de Dieu parce que j’y crois. Je crois en Dieu parce que j’en doute. »
« Je trouve que si Dieu n’existe pas, la vie est une farce tellement tragique qu’il faut espérer à tout prix qu’il existe. »
« Je crois que si je passe pour l’écrivain du bonheur, c’est parce que je pense qu’il faut être heureux en dépit de tout le reste. »

samedi 31 mars 2018

Le romancier : enquête de personnages...


©William Alcyon,  31.03.2018



Dans son essai « Le romancier et ses personnages », publié en 1933, François Mauriac critique ouvertement les auteurs qui se croient « créateurs ». Pour lui : « les romanciers ne créent rien. Ils ne font que s’inspirer de la réalité ». Paradoxalement, il déclare aussi au cours de son exposé : « Le romancier est, de tous les hommes, celui qui ressemble le plus à Dieu ».

Deux affirmations apparemment contradictoires ? Ou alors sommes-nous là face à une étrange dichotomie ? Un paradoxe déjà souligné par Aragon qui disait : « écrire, c’est mentir vrai ».

Mauriac semble poser le postulat d’un romancier toujours inspiré par la seule réalité et ce pour l’ensemble des éléments suivants : la trame de l’histoire qu’il va raconter, les décors qu’il va peindre, et bien sûr les personnages qu’il va animer. Dans cet article, c’est sur ce dernier point que nous allons nous focaliser : les personnages ; toutefois, il nous faudra constamment garder en tête la combinaison subtile de ces différents éléments qui, habilement assemblés, constitueront la structure du roman finalisé.

Alors ? Le romancier écrit-il l’authentique, ne faisant que reproduire des personnes issues de la réalité ? Ou bien, est-il créateur tout puissant qui, tel le potier qui façonne la glaise, donne vie à une entité à partir de son imagination ? La réponse se trouve probablement entre les deux. 
 

De la personne au personnage

On se trouve ici face à ce même clivage qui existe déjà entre écriture d’information et écriture de création, entre l’écrivant et l’écrivain.

Le romancier n’est pas un journaliste, scripteur d’informations, il ne retranscrit pas la réalité, ou alors partiellement, il invente des histoires, et donc des personnages qui ne sauraient être (la plupart du temps) des copies exactes de personnes réelles. Il utilise donc un mélange subtil pour obtenir une sorte de « synthèse » issue de divers éléments du réel associés à d’autres purement imaginés. Le personnage de fiction est ainsi créé à partir d’un assemblage finement dosé de la part du romancier qui ne crée donc pas à partir de rien, il est vrai, mais utilise des éléments (caractère, moralité, psychologie, physique) issus de sa mémoire, de son vécu présent ou passé, pour finaliser un être fictif, mais qui « sonne » vrai. Pour réussir cela, l’auteur introduit donc différents ingrédients qu’il extrait : de sa propre personne, d’autres personnes observées, voire même parfois de personnages inventés par d’autres (Michel Tournier et son personnage de Vendredi dans Vendredi ou les Limbes du Pacifique, personnage « revisité » tiré du roman de Daniel Defoe Robinson Crusoé).

Le romancier utilise alors une liaison particulière, une sorte de frontière à cheval entre imaginaire et réalité, un « espace interstitiel » en somme, où le « curseur » utilisé par l’auteur pourrait librement se promener entre invention pure et inspiration de la vie réelle. Voilà peut-être où se situerait l’espace du « mentir vrai » d’Aragon cité plus haut.

En définitive, le personnage de roman est, de tous les éléments issus de la plume de l’écrivain, celui qui doit être le plus « soigné ». Il faut faire croire au lecteur à l’existence du personnage. C’est un souci constant, au cours de l’écriture, de vraisemblance, de cohérence, entre toutes les dimensions qui constituent le personnage. A cet égard, la solution la plus massivement pratiquée par le romancier est de créer son personnage à partir d’une personne réelle, connue, et lui adjoindre des caractéristiques à partir de sa propre imagination, mais aussi de son expérience personnelle.

Toute la difficulté pour l’écrivain réside dans la création d’un être « vrai » mais qui soit intéressant pour le lecteur. Malheureusement, la réalité peut être parfois d’une grande banalité ; par conséquent, pour soulever l’intérêt du lecteur, il faut que les personnages évoluent ! Certaines péripéties doivent leur arriver, qui entraineront un changement, un passage, une transformation. L’auteur évitera ainsi ce qu’il y a de pire pour tout personnage de fiction : susciter l’ennui du lecteur.

Jean Cocteau a affirmé : « L’art est un mensonge qui dit la vérité ». Tout est affaire de dosage. Connaissez-vous la différence entre le menteur et le mythomane ? Le mythomane ment trop et trop souvent. Le menteur glisse un soupçon de mensonge entre deux vérités. Ainsi, on peut croire un menteur, mais on démasque très vite un mythomane. Le romancier doit donc concocter un personnage en utilisant la technique du menteur, pas celle du mythomane. Ainsi, il pourra donner naissance à des personnages presque réels, et le lecteur sera intéressé par un récit vraisemblable, tout en s’écartant de la grise réalité.

Somme toute, pour le romancier : créer des personnages de fiction se révèle aussi être une question de dosage, de mélange des différents ingrédients. Et, comme en cuisine, selon que l’auteur ait un soupçon de talent ou pas pour assembler le tout, le résultat pourra être sans relief ni surprise ou bien, parfois, un véritable régal.





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